Le principe de liberté de choix

S’il existe plus d’une manière légale de configurer sa main, c’est au joueur de décider de sa configuration finale. L’optimisation des points n’est nullement une obligation, quoiqu’elle devrait normalement être visée. Voyez cette main composée des mêmes tuiles, mais organisée de deux manières différentes. Pour chacune, calculons les différents yaku réalisés et additionnons les han ainsi obtenus:

Capture d’écran 2016-06-05 à 18.48.50

Les fu:
7 paires 25fu

Total 25fu (non arrondi)

Les yaku:
7 paires (Chitoitsu: 2 han)
Toutes des tuiles de 2 à 8 (Tanyao: 1 han)
Tsumo avec une main fermée (Menzen Tsumo: 1 han)

Total: 4 han
Valeur de la main: 6400 points

Capture d’écran 2016-06-05 à 18.50.03

Les yaku:
2x deux suites identiques (Ryanpeiko: 3 han)
Toutes des tuiles de 2 à 8 (Tanyao: 1 han)
Tsumo avec une main fermée (Menzen Tsumo: 1 han)

Total: 5 han
Valeur de la main: 8 000 points (main limite: Mangan)

Comme il est possible de le constater, organiser sa main correctement et annoncer les bons yaku réalisés peuvent faire une grande différence quant au calcul de la valeur finale de la main. Il faut rester le plus vigilant possible. Par contre, avoir une vision juste de sa main vient avec l’expérience et le temps, il est donc souhaitable d’être indulgent envers les joueurs moins expérimentés.

Les défausses risquées

Dans certains cas précis, le fait de délibérément défausser une tuile potentiellement risquée peut être puni. Les tuiles sont dîtes risquées puisqu’elles aideraient potentiellement l’achèvement d’une main de grande valeur (Yakuman). Voici les circonstances où les défausses sont considérées trop risquées:

  1. Un joueur a exposé deux pon/kan de dragons et attend une tuile du troisième dragon laquelle est défaussée et appelée, complétant ainsi un Daisangen (Yakuman).
  2. Un joueur a exposé trois pon/kan de vents et attend une tuile du quatrième vent laquelle est défaussée et appelée, complétant ainsi un Shōsūshī (Yakuman).
  3. Un joueur a exposé trois pon/kan ou chi de la même couleur et attend une tuile de la même couleur laquelle est défaussée et appelée, complétant (ou aidant à compléter) ainsi un Chinitsu.
  4. Un joueur a exposé trois pon/kan ou chi de couleur «verte» et attend une tuile «verte» laquelle est défaussée et appelée, complétant (ou aidant à compléter) ainsi un Ryūīsō (Yakuman).
  5. Un joueur a exposé trois pon/kan d’honneurs et attend une tuile d’honneur laquelle est défaussée et appelée, complétant (ou aidant à compléter) ainsi un Tsūīsō (Yakuman).
  6. Un joueur a exposé trois pon/kan de terminales et attend une tuile de terminale laquelle est défaussée et appelée, complétant (ou aidant à compléter) ainsi un Chinrōtō (Yakuman).
  7. Un joueur a exposé trois kan et attend une tuile risquée (une tuile qui n’est visible ni dans les défausses, ni parmi les tuiles volées) laquelle est défaussée et appelée, complétant (ou aidant à compléter) ainsi un Sū kantsu (Yakuman).

  8. Un joueur défausse une tuile qui est appelée pour compléter un kan. Si le joueur ayant complété un kan gagne à l’aide de la tuile de remplacement, la valeur de la main sera calculée comme si elle avait été gagnée par tsumo et le joueur qui avait préalablement défaussé la tuile devra s’acquitter de payer la valeur de la main en totalité.
  9. Un joueur défausse une tuile risquée (une tuile qui n’est visible ni dans les défausses, ni parmi les tuiles volées) laquelle est défaussée et appelée, complétant une combinaison ou la main d’un joueur, alors qu’il ne reste que 5 tuiles ou moins dans le mur.

Si l’une de ces situations se présente, le joueur fautif pourra se voir puni d’avoir été «irresponsablement» négligent et ainsi payer la totalité de la main si elle est complétée par un tsumo (même si l’achèvement se fait lors d’un prochain tour). Par contre, si la main est complétée par un ron, ce sont à la fois le joueur fautif et le joueur qui a été précédemment négligent qui devront se séparer également la valeur totale de la main.